July 15, 2007
Un "bodybag" nommé Tremblay *
*nom fictif, évidemment
Ça y est, le premier contingent québécois a quitté aujourd'hui pour l'Afghanistan. Ce n'est qu'une question de jours maintenant avant que le premier bodybag québécois revienne et reparte le bal de notre indignation collective contre cette guerre qui ne nous concerne pas. Est-ce que ce sera suffisant pour faire basculer le gouvernement Harper, pour lui faire perdre cette majorité dont il rêve? Cela redonnera-t-il au Bloc une nouvelle vigueur dont il manque terriblement? Les libéraux de Stéphane Dion renaîtront-ils de leurs cendres?
J'ignore à quel point on s'est ému, réellement, au Québec, de tous ses soldats morts depuis le début de la mission canadienne. Si on a pas soi-même de militaires dans sa famille, ça reste loin de nos préoccupations quotidiennes. Ce sont des images du téléjournal, comme la guerre au Liban, les tsunamis des îles du Pacifique ou les renversements de gouvernement en Papouasie orientale. Des images. Loin. On s'émeut beaucoup plus du chien qui a mordu la fillette demeurant dans une rue d'une banlieue qui ressemble à la nôtre. C'est humain, probablement, de ne pas se sentir concerné quand c'est étranger à notre réalité. Et pourtant, cette mission en Afghanistan est l'un des événements politiques les plus importants des dernières décenies. On a poussé de hauts cris pour le scandale des commandites, probabablement parce que ça se passait "chez-nous", mais une fois déploré que le soldat Smith soit décédé victime d'une mine, on se garroche assez vite sur la section des sports.
L'Afghanistan, c'était le prix à payer pour dire non à participer à l'invasion de l'Irak, et non au bouclier anti-missile. Une mission de paix, une mission de reconstruction. Sauf que dès le départ, ce n'était pas une mission de paix. Le Canada est en guerre, et nos soldats servent de chair à canon. Il n'y a pas de commune mesure quant au danger avec les autres missions de paix qu'ont effectué nos casques bleus, même si être en Bosnie n'était pas nécessairement jojo.
Je peux parler à travers mon chapeau, je n'ai pas de militaire dans mes connaissances. Mais j'en ai cotoyé quelques uns dans le cadre de mon travail, et j'ai à la fois une admiration sans borne pour leur courage et une incompréhension totale de ce qui peut motiver quelqu'un à choisir ce métier qui demande une totale obéissance au chef. Tout ce que je sais, ce soir, c'est que les parents du soldat Tremblay ne dormiront plus tranquille pendant les prochains mois, se demandant si ce n'est pas leur fils qui reviendra dans un sac gouvernemental.
Il sera intéressant de suivre les sondages dans les prochains mois… Être premier ministre, ou ses conseillers proches, je ne sais pas si je pourrais me raser convenablement le matin…









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