June 5, 2007

Il était un jour…

Dans tout bon parti politique qui se respecte, la théorie du complot est une gille d'analyse obligée. Pour expliquer l'inexplicable, ou pour faire des liens entre des événements disparates, la théorie du complot est utilisée à toutes les sauces: il y a les complots qu'on déjoue, et ceux qu'on orchestre - ou qu'on souhaite orchestrer.

A force d'en imaginer, on finit par en voir partout. Tiens, être partisan de la théorie du complot, je vous raconterais une belle histoire.

Prenons un président de compagnie, ardent fédéraliste reconnu, qui a même poussé un cri du coeur en pleine campagne référendaire: 'Écrasons les séparatistes" - adaptation libre, les mots exacts m'échappant, s'était écrié, en plein rassemblement fédéraliste, ce monsieur. Douze ans plus tard, il reprend du service alors que le parti dans lequel il se reconnaît le plus pique du nez dans les sondages auprès des francophones, au détriment d'un parti pratiquant un nouveau et dangeureux concept d'autonomisme. "Privatisons Hydro-Québec" clame-t-il cette fois, toujours animé par l'ardent désir de voir son Québec-dans-son-Canada libéré de sa faramineuse dette.*merci m'sieur Daoust d'avoir souligné l'erreur" "Jamais!!!!!" répond un premier ministre, l'air outré qu'on ait pu même penser à ça. Jusque là, pas de complot, hein? Vraiment?

Poussons un peu sur le bouton "machiavel" en soi. Y a-t-il plus symbolique de notre identité québécoise qu'Hydro-Québec, tant sur le plan économique que nationaliste? Ce fleuron de notre liberté, arraché de haute lutte par René Lévesque, ce "On est 6 millions, faut se parler", c'est nous! Bon, j'avoue moins me reconnaître dans les prises électriques devenues le symbole publicitaire de la société d'État, mais avouez qu'elles vous interpellent plus que les castors de Bell Canada, non?

Alors racontons l'histoire différemment: un parti, sentant son chef s'en aller su'l diable et son électorat lui filer sous les pieds, se dit qu'il a besoin, bien avant notre party national du 24 juin prochain, qu'on secoue l'identité du québécois qui dort en nous. Et quoi de mieux qu'un ennemi commun pour rallier les forces vives? Alors on imagine un scénario: et si quelqu'un s'en prenait à un symbole fort de notre identité, permettant ainsi à notre chef de s'ériger, seul et avec son parti, en rampart contre l'ennemi? Ça permet de faire de jolies envolées sur le passé qui est garant de l'avenir, parsemé ici et là de phrases profondes comme 'ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain", "le modèle québécois a fait ses preuves", et j'en oublie et j'en passe.

Je sais, j'ai l'imagination trop fertile. Mais vous ne trouvez pas que c'est une jolie histoire?

Permalien • Imprimer • Commentaire

URI du rétrolien

http://www.technopolitique.com/2007/06/05/il-etait-un-jour/trackback/

Rétrolien

RSS BlogPulse

RSS Technorati Cosmos

Billets apparentés

Related Searches

, , , ,

Related Tags

, , , ,

1 commentaire on Il était un jour… »

June 6, 2007

Pierre-Luc Daoust @ 1:36 am:

«"Nationalisons Hydro-Québec" clame-t-il cette fois»

Pssst, c'est «Privatisons Hydro-Québec» qu'il a clâmé :P

Laissez un commentaire (Pas de HTML svp)




Made with WordPress and a search engine optimized WordPress theme • Light Gold skin by Denis de Bernardy